La chronique mensuelle – Albers.

La chronique mensuelle – Albers.

A la recherche depuis un certain temps d’une marque régionale de vêtements au style urbain, Albers. s’est révélée être la pépite qui nous a directement tapé dans l’oeil. Etant étudiants, nous souhaitons présenter dans les chroniques mensuelles des marques abordables, et il n’a pas été facile de trouver le créateur qui répondait à ce critère.
Albers., c’est des broderies, du velours, de la peau de vache, du tricot sur des accessoires vestimentaires indispensables au quotidien. Chaque pièce est unique, faite main, avec beaucoup de patience et d’amour. Allons à la rencontre des soeurs Alex et Beryl qui nous ouvrent les portes de leur petite entreprise familiale. 

Une fine équipe

« Après en avoir fait quelques-uns on s’est dit : pourquoi pas en faire une marque ? Faire un truc ensemble, ce serait notre petit projet à deux ». – Beryl

Petites, Alex et Beryl récupéraient déjà les chutes de tissus de leur maman et se précipitaient vers la machine à coudre pour la faire vrombir de plaisir. Aujourd’hui âgées de 22 et 28 ans, Alex et Beryl n’ont pas démordu de la couture. La cadette Alex en a même décidé d’en faire son métier en se lançant dans la création de vêtements jusqu’à la prépa en accessoire à la HEAD. Son aînée s’est tournée vers le monde de l’urbanisme, elle est d’ailleurs soulagée d’avoir récemment déposé son mémoire.

Nous avons donc deux mondes à première vue distincts, mais une passion commune qui prend rendez-vous à la table de cuisine où les deux sœurs discutent, rient, dessinent et créent. Alex se charge du patronage, Beryl de la comm’, et ensemble elles s’attèlent au dessin et à la couture. Albers, le nom de la marque, semblait couler de source : une association de leurs deux prénoms en ajoutant un S à la fin pour le nom de famille.

Tout a débuté il y a 4 ans. Alex et Beryl prenaient du temps parfois pour se confectionner de petits accessoires, sacs de gym-totebags comme on en voit beaucoup aujourd’hui. Puis rapidement sont arrivées les commandes de leurs amis qui leur donnaient de très bons retours. « Après en avoir fait quelques-uns, on s’est dit : pourquoi pas en faire une marque ? Faire un truc ensemble, ce serait notre petit projet à deux » confie Beryl. Puis, la machine s’est mise en marche en passant par des commandes d’étiquettes, quelques prototypes, des photographies et la création d’un tumblr. Peu de temps après, le duo s’est fait approcher par l’ancienne enseigne Déliceux à Lausanne. Les deux sœurs étaient très surprises par cet intérêt, et une collaboration a débuté. « On s’est lancées et on a pris les choses un peu plus au sérieux. Il faut faire plus d’exemplaires, des collections, et ne pas partir dans tous les sens, trouver une thématique. C’est comme ça qu’on s’est lancées dans le truc ». Après la fermeture de Délicieux, elles se sont beaucoup questionnées sur la suite des aventures d’Albers avant de décider de gérer elles-mêmes leur commerce par la vente en ligne et les marchés.

De fil en aiguille

« C’est plutôt un truc familial. On se retrouve entre sœurs, on boit un verre, fait des dessins, se raconte des histoires ». – Alex

Albers, c’est des totebags, bombers, bonnets, trousses, jupes, casquettes. Mais le vrai symbole d’Albers, c’est la banane. « La banane est devenue un accessoire tendance. C’est vrai que de base, on en porte les deux, et on s’est dit : pourquoi on n’en ferait pas ? On a vraiment essayé de la revisiter de toutes les matières qu’on pouvait avoir » nous raconte Alex. Beryl ajoute qu’elles voulaient rendre classe un objet qu’on pourrait trouver ringard, ou qu’on ne se saurait pas comment porter. S’il est pratique, autant le rendre beau.

Alex aime s’inspirer de tout ce qu’elle voit dans les livres, les nouveaux créateurs, etc. Sa soeur est fascinée par les expositions de l’Art Brut avec tous ces dessins, broderies et détails. Pour créer une collection, l’illumination vient sur le moment dans les recherches de matière lors de marchés et brocantes suivant les tendances et affinités. Quand l’une d’elle voit quelque chose qui lui tape dans l’œil, elle le prend en photo et l’envoie à sa sœur. Elles prévoient 2-3 collections par année, les derniers vernissages ont eu lieu à L’Atelier.
Etant étudiantes, les deux femmes n’ont pas toujours énormément de temps à disposition et créent alors de plus petits accessoires. Elles ont souvenir de bombers et de sacs en peau de vache qui leur ont pris énormément de temps à coudre. Heureusement, ça va plus vite avec le velours, qu’elles apprécient particulièrement. « On essaie de se voir et de travailler le plus possible ensemble parce que c’est aussi pour nous l’occasion de se rencontrer et de passer un moment ensemble ».

Les cibles d’Albers

« Notre idée c’était d’offrir une collection abordable pour tout le monde ». – Alex

Ce qui est très intéressant dans le concept de la marque – et qui nous a particulièrement interpellés en étant qu’étudiants – est l’accessibilité financière des produits. Une banane coûte entre 80 et 120 CHF suivant les modèles. Alex rebondit : « Notre idée, c’était d’offrir une collection abordable pour tout le monde. C’est vrai que dans le monde de la mode si on veut une belle pièce, il faut vraiment mettre l’argent. Vu qu’on est jeune, on aime bien trouver des choses qu’on puisse se payer sans se ruiner. On avait vraiment envie de faire ressortir ça dans notre marque ».

L’autre point à relever est que la cible au départ des collections d’Albers était vous, messieurs. Beryl explique qu’elle avait l’impression qu’il existait très peu de vêtements plus originaux pour la gente masculine. Certes, les magasins franchissent un peu plus le pas, mais restent tout de même dans le basique. « On voulait créer une pièce que l’homme soit content de porter, qui soit plus personnelle ». La demande de vêtements pour femmes était cependant très forte, avec des clientes frustrées de flotter complètement dans les bombers. Les deux sœurs ont lutté un moment pour ne pas se détourner de leur premier objectif, puis ont fini par se raviser, au grand bonheur des dames.

 

Albers, un hobby passionné

« L’objectif d’Albers reste un hobby. On n’a pas envie d’en faire notre activité principale. C’est un bon compromis, on a beaucoup de plaisir à le faire, on voit que les gens sont contents avec les pièces qu’on fait ».  – Beryl

Albers a soufflé ses 4 bougies récemment, une belle étape. D’après Beryl, elles sont plus efficaces et spécialisées qu’aux débuts. À la fermeture de Délicieux, les sœurs se sont questionnées sur la manière de mener leur petite entreprise qui restera uniquement un hobby. La vente dans les shops impliquait quelques inconvénients comme le stress pour rendre des pièces à temps ou la marge des shops sur les collections. Ce dernier point a fait entre autres pencher la balance puisque l’objectif premier d’Albers est l’accessibilité de ses produits.

Elles ont découvert que le fonctionnement qui leur convenait le mieux était les ventes spéciales dans des marchés ou lors des lancements de collections. Les gens viennent en avance à ces rendez-vous, ils savent qu’ils ont l’exclusivité. « C’est là où on vend la plupart de nos pièces. Pour nous, c’est hyper important de rencontrer les gens à ce moment-là, parce que toutes les pièces sont uniques. Sur le moment, on a mis beaucoup de temps dedans, beaucoup d’amour et parfois, on a de la peine à s’en séparer. Pour nous c’est un moment assez important de rencontrer ces gens qui vont porter ensuite ces vêtements ».

Beryl nous souffle que la prochaine collection verra le jour au printemps. L’idée de mettre en place des collaborations autour de la sérigraphie leur trotte dans la tête, donc affaire à suivre. On se quitte avec leur dernier titre coup de coeur, Lord Of The Isles de Liobasta. Pour Beryl, l’ambiance de ce morceau transportant correspond à l’idée de ce qu’incarne Albers.

– Carla

Site web
Facebook
Instagram

 


Précédent Les cafés s’exposent #5 – À La Bossette Suivant : Nyon Culture

Pas de commentaire

Laissez un commentaire !

Laissez un commentaire !