Les cafés s’exposent #5 – À La Bossette

Les cafés s’exposent #5 – À La Bossette

Si je vous dis Place du Nord et bistrot peuplé, vous me dites ? Le café À La Bossette bien sûr ! Voici le nouvel article des « Cafés s’exposent » pour 2018 avec un incontournable lausannois, ce petit paradis des bières et du bon manger. Interview et confidences avec Cécile qui dirige depuis 17 ans ce café historique, peut-être même l’un pionniers des cafés-galeries romands.

Café À La Bossette

Marchant les rues pavées de Lausanne en direction de la Place du Tunnel, je m’aventurais vers la place de jeu derrière et entendis au loin des rires provenant d’un curieux bistrot. Ne connaissant pas la banlieue lausannoise, je vous avouerai qu’il m’a fallu consulter Google Maps pour m’y retrouver… C’était à l’occasion du premier vernissage du Collectif Marcelle au café À La Bossette. Un groupe de douze nanas aux multiples talents. C’était à ma bonne mémoire, la quatrième fois que j’allais dans ce café. J’ai toujours apprécié l’ambiance musicale et la bonne humeur du personnel. Et pour un samedi soir, c’était bondé À La Bossette ! Ce qui ne m’a pas empêchée, au contraire, d’être servie rapidement, de découvrir une nouvelle bière et d’admirer sur les murs, des artistes qui méritent toute notre attention. En d’autres termes, le café À La Bossette est à mes yeux, le café typiquement lausannois. C’est un bon endroit pour manger et boire entre amis à prix correct, pour faire des rencontres et d’explorer les alentours.

Afin de vous en dire plus, je suis retournée dernièrement interviewer la propriétaire des lieux, Cécile Schmidt, une femme bienveillante et active qui s’occupe à 100% de ce café avec l’aide de son bras droit Cyril et son équipe de choc.

Situé à Lausanne, à la Place du Nord

Dans une ambiance détendue et atypique.

« Premier bar spécialisé en bières de Lausanne »

Racontez-nous l’histoire du café À La Bossette…

C.S – Difficile de raconter l’histoire… Le café existe depuis plus de cent ans ! Donc cela fait depuis les années 1890 qu’il y a cette maison et ce bistrot ici. Et comme nous sommes situés à la Place du Nord, le café s’appelait « le café du Nord » à l’époque. C’est grâce à une dame ayant repris l’endroit dans les années 50’ que le nom du café a changé. Elle l’a appelé « La Bossette » et en a fait une vraie pinte vaudoise. Les murs étaient recouverts de petits carreaux et la porte d’entrée était un tonneau. (Rires). Car pour ceux qui l’ignorent, une bossette est un petit tonneau dans lequel on met le raisin lorsqu’on fait la vendange. Mais c’est seulement dans le domaine du Lavaux que ça se nomme ainsi. Donc, une bossette, c’est une pinte vaudoise !

Après il y a eu douze millions de choses qui se sont passées dans ce bistrot… Mais cela fait une trentaine d’années qu’il est comme on le voit aujourd’hui. À savoir que c’est le café À La Bossette est le tout premier bar pour les jeunes de Lausanne mais aussi le premier bar lausannois spécialisé en bières. Cela fait 17 ans que je suis propriétaire mais mon mari était déjà gérant avant, donc en réalité, ça fait plus de 20 ans que je suis par ici.

Que donneriez-vous comme adjectif pour décrire votre bistrot ?

C.S – Le café À La Bossette, c’est le plus vieux bar de Lausanne ! C’est un bistrot de quartier, un bar d’habitués, un bar de voisins, d’artistes ou de musiciens. À caractère très terre à terre, amical et convivial. Ça ne se prend pas la tête, c’est un café historique ! Ce n’est pas branché, ce n’est pas bobo. C’est simple, c’est normal, voilà. Nous proposons de la nourriture maison depuis 1500 ans, nous n’avons pas besoin d’avoir de label « fait maison », on s’en fiche car tout ça, nous le faisons depuis toujours ! Nous sommes l’un des derniers bistrots de Lausanne en qualité d’indépendant. Pas besoin d’investisseurs, je suis toute seule, je fais tout toute seule, de A jusqu’à Z. Du service à la comptabilité en passant par le choix des plats du jour, des courses et le ménage (rires).

Un bar pour les habitués

À La Bossette, la convivialité au rdv.

L’aventure demeure toujours, y aurait-il une anecdote à raconter à nos lecteurs ?

C.S – Pas spécialement… Ici c’est le salon de beaucoup de personnes ! (Rires). Y a les habitués, des gens que je connais depuis longtemps qui viennent chez nous tous les jours, dans leur « salon ». Lorsque l’on ferme durant une semaine, ils sont désespérés, quand c’est férié, ils sont fâchés ! C’est comme ça.

L’aspect « local » ressort beaucoup À La Bossette.
Pourquoi est-ce si important pour vous ?

C.S – Pour nous c’est une valeur commune, on essaie d’être parti-prenant de ce qu’il se fait dans le quartier, dans la région. Étant donné que nous sommes un peu excentrés, nous sommes solidaires des uns des autres dans le quartier pour se faire connaître aussi (c’est pour ça que j’indique sur mon site le voisinage). Il y a aussi une association du quartier qui organise pleins d’événements durant l’été, auxquels nous participons, ce qui anime aussi cette partie de Lausanne, moins connue de tous. Nous travaillons qu’avec des acteurs locaux comme la brasserie « Docteur Gab’s », « La Nébuleuse », « Fleurs du Malt » etc. Qui sont nos principaux fournisseurs en bière artisanale locale. Il arrive que nous travaillions avec des tous petits brasseurs que mon collaborateur Cyril connaît bien aussi.

Découvrez le Collectif Marcelle jusqu’à fin février !

Oeuvre de Camille du Collectif Marcelle

Oeuvre de BNNN du Collectif Marcelle

« Les exposants sont venus À La Bossette par centaines ! »

Depuis combien de temps faites-vous des expositions ?
Comment se passe la venue de l’artiste chez vous et quel est son rôle ?

C.S – Cela fait plus de 20 ans que nous mettons nos murs à disposition. Il y a toujours eu des expositions, aussi loin que je m’en souvienne. On a en permanence des artistes qui viennent, on a toujours aimé la fibre artistique et faire des rencontres. Que nous soyons clairs, nous ne sommes pas une galerie, nous sommes un bistrot donc nous ne prenons pas de commissions. Ce qui fait que la personne qui expose doit se débrouiller toute seule pour l’accrochage et de décrochage, c’est elle qui décide si elle veut faire de la publicité ou non et selon le nombre de conviés, nous demandons une participation entre 100 et 200 francs pour le vernissage (puisque nous ne sommes pas une galerie et nous ne faisons aucun bénéfice sur les œuvres exposées). Évidemment, nous choisissons les artistes avec Cyril, ça fonctionne souvent au coup de cœur. Ensuite, soit les gens nous proposent, soit c’est nous qui proposons. Voilà.

J’apprécie toujours le travail fourni et ça nous permet notamment de faire des nouvelles rencontres et d’avoir une décoration changeante et surtout, de faire venir ici les méconnaisseurs. Pour moi, l’artiste s’engage à faire venir du monde ! Que ça soit pour faire des apéros, des visites, de faire des rendez-vous ou que sais-je… On lui laisse beaucoup de liberté, il faut qu’il en profite. La durée des expositions varient selon l’artiste et notre planning, mais tout ce que je souhaite c’est qu’il fasse vivre l’endroit durant le temps de son exposition. C’est important. Je n’apprécie pas trop quand quelqu’un expose et que durant deux mois, rien ne se passe… Ça arrive mais je trouve ça dommage…

Dernièrement il y a eu l’événement « Marché À La Bossette », racontez-nous cette soirée !

C.S – Alors ce marché est dédié à l’artisanat avec 15 exposants, des gens que nous connaissons et en principe nous en organisons deux par année, un en période estivale et un autre à Noël. C’est déjà la troisième année qui se termine là, peut-être que ça se passera différemment cette année, nous verrons. Mais ces soirées ont chaque fois rencontré beaucoup de succès !

Vernissage pour l’exposition du Collectif Marcelle du 20 janvier 2018.

On ne s’ennuie jamais À La Bossette !

Une sélection de 40 bières à découvrir !

« Le but, c’est la rencontre ! »

Organisez-vous d’autres événements dans votre bistrot ?

C.S – Nous restons tout de même un restaurant en premier lieu. Des événements, c’est déjà bien qu’on en fasse autant pour un bistrot, donc non il n’y en a pas. (Rires). Par contre, de temps en temps, il y a des concerts qui s’organisent selon les envies du moment. Et tous les premiers mercredis soir du mois, nous accueillons 15 à 20 participants ; un groupe de musique irlandaise qui vient répéter dans nos locaux. Donc ce n’est pas considéré comme un concert mais comme une répétition publique, ouverte à tous. Très sympa !

De nouveaux challenges pour 2018 ? Des projets à venir… ?

C.S – Alors le challenge N°1 est de survivre ! C’est déjà pas mal comme défi non ? (Rires). Pas de projets en vue, on fait comme d’habitude. La prochaine exposition sera au mois d’avril ! Mais je vous invite à venir voir le travail du Collectif des Marcels au café À La Bossette jusqu’à fin février !

Afin de faire envie nos lecteurs, pourriez-vous nous introduire les plats typiques du café À La Bossette ?

C.S – Alors il y a douze bières à la pression, la carte des bières est changeante et vous serez toujours surpris de découvrir des choses que vous ne retrouverez pas ailleurs (en principe). Dans ce que nous proposons, il y a trois plats typiques à commencer par l’exclusive fondue au fromage de chèvre appelée « la Cabriole ». La deuxième spécialité maison c’est le « paillasson du Tsar », donc c’est une galette de pomme de terre avec du saumon fumé et des œufs de poisson, de la crème aigre et de la vodka. Et pour finir, notre dernière spécialité, la plus courante, c’est les hamburgers (viande ou végétarien) de La Bossette.

Tout le monde est bienvenu À La Bossette !

Que ça soit pour boire un verre entre amis ou boire un café…

 

L-ME : 10h-14h/16h-00h
J : 10h-01h
V : 10h-02h
S: 17h-02h
D : Fermé

 

À LA BOSSETTE

Place du Nord 4
1005 Lausanne

www.bossette.ch
bossette@bluewin.ch 

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