La chronique mensuelle – Le Labo de Piwi

La chronique mensuelle – Le Labo de Piwi

Je me suis souvent baladée avec mon carlin au Mont-sur-Lausanne et donc, passé devant une petite maison orange pétante gardée par deux bouledogues curieux. Je n’ai fait le lien entre Le Labo de Piwi et cet endroit seulement lorsque nous nous y sommes rendus avec Yohan pour filmer le duo créatif. C’est un véritable petit coin de paradis avec un grand jardin où se défoulent leurs deux chiens, la « Piwi beach », pour atteindre la rivière en bas de chez eux, un potager, un nouveau rucher et leur atelier.

On commence à filmer l’interview mais l’un des chiens « respire » trop fort. On est obligé de le monter à l’étage pour un moment, l’une des mascottes de la marque aura son heure de gloire plus tard. L’ambiance est détendue, on rit, on a du plaisir à être là et à partager sur leur savoir-faire. Retour sur cette collaboration avec Daniel et Bénédicte, qui nous parlent de la belle aventure qu’est Le Labo de Piwi.

 


L’histoire

Le point de départ de la marque est l’arrivée du couple en 2013 dans la fameuse petite maison orange perdue dans les bois à Sauvabelin. Ensemble, ils ont décidé de concevoir leur mobilier, puis la décoration de leur nouvel espace. Ayant un budget limité, créer avec ses mains permettait d’engendrer des dépenses moins onéreuses. « On a donc commencé avec les lampes, car le problème chez nous c’est que les luminaires ne sont pas au plafond, mais au mur. On est donc parti sur l’idée d’une lampe de chantier/garagiste et on en a créé une en mettant du joli tissu. Voilà comment l’histoire a commencé » explique Daniel. C’est avec les petites commandes de leurs amis, suivies de leurs encouragements à se lancer dans une véritable production, que Daniel et Bénédicte ont crée Le Labo de Piwi.

Bénédicte est céramiste et enseignante de formation; Daniel vient du domaine commercial et s’est spécialisé en tant qu’éducateur canin. Bénédicte – bricoleuse dès son plus jeune âge – n’imaginait pas se restreindre à la céramique en mettant sur pied Le Labo de Piwi, mais élargir son champ de compétences. Elle a donc suivi quelques stages basiques de découpage, couture et autres activités manuelles. Si une idée germe dans un coin de sa tête et qu’elle n’a pas les moyens de la réaliser, elle se tourne vers des professionnels. Daniel, lui, propose la marchandise auprès de magasins, organise des marchés, veille à la gestion des stocks et accompagne Bénédicte dans la réalisation des produits.

Le Labo de Piwi s’articule principalement autour de la décoration d’intérieur en proposant des lampes, vaisselle émaillée, assiettes customisées et diversifie ses produits à travers des collaborations. En parallèle on trouve L’école de Piwi, leur école de dressage, qui propose aussi des produits canins naturels bio.

 

Daniel et Bénédicte

Ringo et Wilma, les mascottes du Labo de Piwi

 

Le produit à l’origine de la création de leur petite entreprise © Labo de Piwi


Leurs créations

Quand je leur ai demandé de décrire leur univers, il n’a pas été facile de trouver tout de suite les mots justes. On pourrait penser à une question piège, mais dans ma tête, je voyais un univers vintage s’inspirant du monde du tattoo en référence à leurs assiettes. Or, à leurs yeux, cela va bien au-delà : « Notre univers s’inspire de ce qu’on est, je pense. Il y a beaucoup de facettes multiples avec autant des choses très colorées (lampes, vaisselles avec des illustrations naïves) ou un style un peu plus vintage (assiettes décorées) et issu du tattoo, parce que c’est aussi un milieu qu’on côtoie ». Ici, on ne recherche pas à se limiter dans un domaine mais à se de laisser porter par ses envies, c’est le mot d’ordre du Labo de Piwi.

Ensemble, ils se perçoivent comme un laboratoire, un fourmillement d’idées continues qui crée des petites séries d’objets et cesse lorsque le plaisir n’y est plus, toujours pour passer à autre chose. Daniel nous l’explique très bien : « D’abord, on fait quelque chose pour nous, qui nous plaît et si ça plaît aux autres après alors tant mieux. Le Labo de Piwi suit nos envies, donc au départ c’était les lampes, maintenant les assiettes et des produits pour les chiens… ».

 

 

En ce moment, leurs assiettes chinées dans des brocantes décorées par leurs soins avec entre autres des dessins d’animaux rencontrent un grand succès qui, curieusement, ne concerne pas les mêmes motifs selon les régions. Les assiettes ornées d’un crâne font fureur à Zürich, tandis que dans la région lausannoise, on se laisse plutôt tenter par des flamants roses ou des papillons. Et cela diffère encore entre Montreux et Genève. Le public est donc très différent, mais le concept plaît !

Bénédicte nous raconte : « On est partis de l’idée que la céramique est un long processus, et au final l’objet fini est assez cher à l’achat et pas tout le monde peut se l’offrir. Notre volonté est que tout le monde puisse acquérir des petites pièces uniques. » Daniel ajoute qu’il y a également l’idée de donner une deuxième vie à ces assiettes, qui sont de très bonne facture.
Même en récupérant des assiettes, le travail est long. Il faut en premier lieu appliquer l’illustration sur l’assiette, la faire sécher 24 heures, puis quelques retouches si besoin et on termine avec trois jours au four à 900°. Parfois, on rencontre de mauvaises surprises en cours de route (l’illustration sort abimée par exemple), comme quoi il faut être très patient.

 

 

 

Il leur arrive fréquemment de mettre sur pied des collaborations avec des artisans de la région, comme ce fut le cas avec la tatoueuse et créatrice de cosmétique Anouck, alias Judski ou La Potion. Le Labo de Piwi s’est retroussé les manches et a réalisé de délicats bols bleus en porcelaine, puis La Potion coulait une bougie aux huiles essentielles bio à la Lavande, Citron, Bergamote et Palmarosa pour les remplir. « On choisit nos collaborateurs par coups de cœur, comme avec La Potion. C’est vraiment du feeling. » Les collaborations sont multiples, comme avec leur amie artiste et tatoueuse Kim-Anh Nguyen, alias Kiman-h. Elle a illustré une série de quatre carnets avec des têtes de bouledogues accompagné de motifs floraux. Ceux-ci ont également été reproduits sur les fameuses assiettes.
C’est en arpentant les marchés que le couple fait de nouvelles découvertes, échanges ou connaît déjà la personne, et décide de créer un produit inédit.

Pour Bénédicte, le produit dont elle est le plus fière est la petite casserole en acier émaillé qui est devenue un incontournable de sa cuisine. Daniel n’a pas d’objets favoris en particulier, c’est l’expérience entière du Labo de Piwi qui est pour lui le plus important. Cette aventure l’a d’ailleurs mené à devenir apiculteur, chose qu’il n’aurait jamais soupçonné un jour. Le couple souhaite ajouter à leur gamme des produits réalisés avec leur propre miel, affaire à suivre.

Les carnets en collaboration avec Kim-Anh Nguyen

Bougeoir en collaboration avec La Potion

La petite casserole en acier émaillé, le produit coup de coeur de Bénédicte © Labo de Piwi

Le bouledogue, leur mascotte

Le nom Le Labo de Piwi a été donné en l’honneur de la première chienne du couple au début de leur aventure, décédée depuis. Bénédicte et Daniel sont à présent propriétaires de deux de ses petits, Ringo et Wilma, qui ont repris le rôle de mascottes de la marque. Trouver un nom n’a pas été facile, comme le raconte Daniel : « Nous ne sommes pas des personnes qui se mettent en avant, et il fallait bien trouver un nom à ce petit laboratoire, donc on l’a nommé Le Labo de Piwi ».

Le duo adore les chiens depuis longtemps, mais le plus passionné est sans nul doute Daniel, qui s’est spécialisé en tant qu’éducateur canin et a créé parallèlement L’école de Piwi .
L’école de Piwi et Le Labo de Piwi se rejoignent autour de produits afin de prendre soin de nos fidèles compagnons. On retrouve un savon bio, un baume pour coussinets, des pâtés à la viande ou au fromage, des friandises « Tu pues du bec »,« Ô poil » ou encore « A plus les puces », le tout réalisé artisanalement bien sûr.
Il nous explique : « Il semblait logique de développer quelque chose autour de nos chiens. Malheureusement, en Suisse tout ce qui est friandises, croquettes et soins pour chiens n’existe pas. On voulait développer aussi ce côté avec de l’alimentation et des soins bio canins créés en Suisse ».

 

 

 

La suite

On peut trouver les produits du Labo de Piwi chez Bravo ! (Vevey), La Vitrine Rouge (Cully), La Sonnette (Lausanne), J’aime pas les dimanches (Neuchâtel) puis dans des petits marchés comme le Supermarket. Bonne nouvelle, leur rêve depuis plus d’une année va prendre forme début novembre à l’avenue du Valentin 28, où ouvrira leur atelier-boutique Les Gens en collaboration avec Gris Clair.
« …notre idée est vraiment de s’approprier un espace où on présentera nos produits, mais pas uniquement, il se passera plein de choses. Autant il y aura de la vente de créateurs, donc nos créations, mais aussi celles d’autres artisans. Il y aura des ateliers de céramique, couture et autres où on peut vulgariser et donner des cours. Les gens pourront nous voir travailler ».

Leurs yeux pétillent, rendez-vous le 1er novembre pour la suite de leurs aventures au cœur de Lausanne. Peut-être y découvriras-tu prochainement leurs nouveaux produits cosmétiques et alimentaires à base de leur propre miel, ou encore leur imminente série de céramique en acier émaillé. Ce couple souriant, entreprenant et créatif accompagné de leurs deux gros toutous n’ont pas terminé de faire parler d’eux. Pop Up Mag reste admiratif, on en veut encore.

 

Bénédicte, Daniel et Carla dans leur atelier

 

On attend avec impatience leurs créations à base de leur propre miel

 

– Carla

Tu peux les retrouver sur Instagram et Facebook
Leur site web : http: www.lelabodepiwi.com
Leur site de leur nouvelle boutique en collaboration avec Gris Clair : https://www.lesgens.ch/

 


 


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