La chronique mensuelle – Mevin Kartin

La chronique mensuelle – Mevin Kartin

Grand, élancé, un regard rêveur derrière ses lunettes, toujours bien fringué, un tote bag à l’épaule, une clope au bec : c’est ainsi que je décrirais Kevin – alias Mevin Kartin – au premier coup d’oeil. Une fois un stylo dans la main, ce jeune illustrateur et graphiste se transforme. On découvre dans ses travaux une grande sensibilité au monde qui l’entoure, une vision à la fois sensuelle et unique en son genre. C’est avec une facilité déconcertante que le jeune homme offre une dimension, un mouvement, de la vie dans ses créations réalisées au crayon et au stylo bille.

C’est dans un appartement au charme irréfutable en plein centre de Lausanne que vit Kevin. L’espace est décoré avec soin, le balcon remplit de plantes touffues. J’ai connu Kevin en préapprentissage artistique au CEPV. Déjà à cette période-là, il se faisait remarquer par les traits gracieux qu’il appliquait sur le papier. C’est donc une grande joie et un honneur de pouvoir avec Yohan consacrer une chronique mensuelle à Mevin Kartin. Plonge avec nous dans son univers enivrant !

 


Son style

Mevin Kartin décrirait son style comme androgyne, multiple et s’inspirant de la sexualité. « Il y a de l’érotisme, je pense que c’est quelque chose qui se voit et se ressent beaucoup dans mes dessins. J’aime beaucoup le corps humain, que ce soit l’homme ou la femme, la peau… » explique-t-il. La Renaissance et l’art ancien le fascinent, il aime reproduire des statues antiques aux expressions parfois théâtrales.
Bouches entrouvertes, portraits de quelques unes de ses muses, végétaux, crânes d’animaux, insectes : le répertoire est vaste.

Dans son univers sensuel et délicat, le motif récurrent de ses débuts était le cheveu. « Le cheveu m’a toujours intrigué. Comme les longs cheveux des filles, surtout ceux qui ont un mouvement, des boucles. Ça répond à la lumière, c’est quelque chose qui m’a toujours parlé ». Enfant, il aimait s’amuser à coiffer ses cousines et à donner des formes improbables à leurs cheveux. A ses yeux, c’est sans nul doute l’origine de son intérêt à dessiner cette matière.

En parallèle, Kevin est devenu en as en la technique du stylo bille, qui prend du temps à être maîtrisée. C’est sur les réseaux sociaux il y a deux ans que le jeune illustrateur s’y est mis et que celle-ci est devenue un coup de cœur. « Ça a un rendu différent, c’est un noir qui n’est pas un noir pur. Il y a des reflets froids mais aussi des chauds. Ce n’est pas pareil que l’encre ou le crayon, ça ne répond pas de la même manière. On a un rendu différent que j’aime beaucoup », nous raconte-t-il.

Une autre technique qu’il pratique beaucoup dernièrement est le « dot », le pointillisme. En travaillant de cette manière, le jeune homme peut envisager des projets sur de plus grands supports et être plus libre pour aborder des collaborations.

© Mevin Kartin

 

© Mevin Kartin

© Mevin Kartin

© Mevin Kartin


Ses inspirations

Sa passion pour le dessin, il la tient de son père et son grand-père. « L’un dessinait des paysages et l’autre des pin-up kitchouilles des années 90. Je crois que c’est ça qui m’a donné envie de faire comme eux et de reproduire ce qu’ils faisaient… Au fil du temps je suis devenu mordu d’illustration et j’ai continué ». C’est en se lançant plus tard dans la formation de graphiste qu’il est tombé amoureux du métier. Comme il le dit si bien : « C’est un peu la longévité de l’illustration, ça se marie assez bien ».

Très actif sur les réseaux sociaux, le jeune artiste y puise essentiellement sa source d’inspiration. Tout ce qui touche à la mode, la cuisine, le dessin et le tatouage est bon à prendre. « …tout m’intéresse et c’est ces gens-là qui finalement bouillonnent d’idées » nous raconte-t-il les yeux pétillants. Ses dernières muses sont les fameuses personnalités du monde de la mode ou les blogueuses sur Instagram telles que isabel_hendrix, vita_kan, ou encore jingwenll.

Comme pour beaucoup de graphistes, le tatouage est une influence et une technique séduisante pour reproduire ses créations. Ayant déjà testé le handpoke – l’aiguille à la main pour de petits motifs –, l’idée de se lancer un jour dans le tatouage ne lui déplairait pas : « j’aimerais avoir la chance de pouvoir approfondir le tatouage pour pouvoir par la suite réaliser mes dessins sur la peau. J’ai toujours dessiné dans l’optique de me faire tatouer, même étant jeune. Du coup, ça a toujours été une source d’inspiration, c’est inépuisable ».

Ses proches et son quotidien le nourrissent aussi, comme lors de son dernier voyage en Toscane à la villa Elena, dans laquelle se trouve une résidence d’artistes. « …Voir toutes ces personnes dans cet endroit verdoyant avec une architecture vraiment belle, dans un cadre rassurant et inspirant, ça m’a reboosté. Ça été une source d’inspiration incroyable pour moi ».

Basé sur jingwenll © Mevin Kartin

 

Ses multiples projets

Le jeune homme aime varier les supports de ses dessins sur tote bags, pochette d’albums, pin’s, et dessous de verre. A quand la marque Mevin Kartin ? «  Là, j’ai une collaboration qui va venir avec une fille qui travaille dans la mode. Gentiment mais sûrement ça vient, il faut voir par où prendre les choses mais je pense que d’autres produits vont venir. J’aimerais bien faire de Mevin Kartin une marque ».

A côté de ses créations, Kevin a collaboré avec Judski (connue aussi sous le nom de La Potion) à la mise sur pied des deux marchés de La Bossette pour promouvoir les artistes régionaux. Leur collaboration ne date pas d’hier : ensemble, ils avaient déjà testé le tatouage, l’illustration et des expositions. « …On aime le fait de s’élever les uns les autres et c’est pour ça qu’on a voulu travailler avec d’autres gens et sortir de notre petit binôme habituel. On voulait amener d’autres gens, des artisans locaux, c’est important » commente t-il.

Entreprenant, Kevin fait parti du collectif d’artistes eeZee qui promeut les créations régionales. Il participe régulièrement à des live painting et expose. La suite de ses aventures est très excitante puisqu’elle concerne sa participation à un recueil de poèmes. Cette collaboration avec deux écrivains-poètes est sur le point de voir le jour avec des textes en français traduits en anglais accompagnés de ses illustrations. L’idée de travailler avec des éditeurs le séduirait beaucoup pour l’avenir.

Ce que l’on retient de Kevin, c’est une grande créativité, un œil aiguisé, et un besoin de magnifier ce qu’il voit, de créer une tension entre son dessin et la personne en face. J’admire ces qualités et le remercie de la confiance qu’il m’a accordée pour cette collaboration dont je rêvais depuis longtemps. C’est un artiste à garder dans le viseur, et on lui souhaite un succès à la hauteur de son immense talent,

 

– Carla

Son compte Instagram : mevin kartin
Son site web : https://www.mevinkartin.com/

 

Mevin Kartin lors de l’événement Urban Project Vevey

 

Ses travaux exposés lors de l’événement des 1 an de eeZee


 


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