Filmographie suisse

Filmographie suisse

Le cinéma suisse…LE grand sujet de débat! On ne va pas se le cacher, celui-ci est souvent perçu comme long et avec peu d’action. il m’a donc paru évident pour casser ce cliché de te proposer une petite sélection suggestive de films suisses, ou se déroulant en Suisse, qui m’ont touché par différents aspects. Peut-être reconnaitras-tu certains endroits où des séquences ont été filmées 😉

Pause de Mathieu Urfer – 2014

Sami est un rêveur. Il enchaîne les petits boulots dans la musique et gratte sa guitare avec son meilleur ami septuagénaire, Fernand, qu’il vient souvent visiter à l’EMS. Sami a rencontré Julia il y a quatre ans dans une station service mais depuis, leur relation bat un peu de l’aile. Julia aimerait avoir un « adulte » en face, quelqu’un qui se prend en main et qui a de l’ambition. Une « pause »est donc instaurée. Sami tentera tout, maladroitement, pour reconquérir celle qu’il aime.

Ce que j’en pense : Le film Pause, se déroulant dans un décor lausannois, est un véritable petit bijou. Baptiste Gilliéron campe le personnage de Sami à la perfection, sa sensibilité et sa maladresse le rend particulièrement attachant. Le scénario tient bien la route du début à la fin, le jeux des acteurs est convaincant, l’humour est présent tout en finesse :  rien à y redire.

 

 

Youth de Paolo Sorrentino – 2015

Dans un hôtel luxueux situé au pied des Alpes, deux amis octogénaires habitués des lieux, Fred Ballinger et Mick Boyle, y séjournent. Fred est un grand compositeur et chef d’orchestre reconnu qui, malgré le monde qui l’entoure, n’a jamais seulement compris que la musique. Aujourd’hui il ne compose plus, il laisse aller et observe. Mick est retourné dans ce petit havre de paix avec son équipe pour mettre sur pied son prochain film, son « testament » comme il l’aime l’appeler. Les deux hommes contemplent le temps qui passe avec douceur et mélancolie.

Ce que j’en pense : Certes, Paolo Sorrentino n’est pas suisse, mais une vision de la Suisse vue de l’extérieur me semblait pertinente pour cette sélection. Le réalisateur de La Grande Bellezza aborde dans son dernier film ses sujets fétiches : la vieillesse, la jeunesse, la mort, la réussite, l’échec…L’adorateur de Fellini propose des prises de vues, assimilés à la musique, qui offrent une symbiose transportante.
Durant le film, un jeune acteur de l’hôtel discute avec Fred de la légèreté, ce à quoi son interlocuteur répond « la légèreté est une perversion ».
Youth a reçu beaucoup de critiques mais il détient un discours réaliste et sincère qui a su toucher ma sensibilité.

 

 

Atterrissage forcé de Daniel Wyss – 2015

Avec Atterrissage forcé, Daniel Wyss retrace l’histoire du camp de détention punitive de Wauwilermoos situé aux alentours de Lucerne durant la Seconde Guerre Mondiale. Les soldats étrangers se posant sur sol suisse étaient logés dans des baraquements ou des hôtels et contribuaient par diverses tâches à notre économie dans l’industrie ou l’agriculture dans des conditions clémentes. Plus de 100’000 soldats étrangers (Polonais, Français, Russes, Anglais, Allemands, Italiens) furent internés en Suisse pour se réfugier en terrain neutre.
Mais ceux pris sur le fait en train de s’enfuir pour rejoindre leur patrie, étaient envoyé dans le camp dont beaucoup de personnes connaissaient l’existence mais taisaient le nom : Wauwilermoos. Quelques anciens détenus américains encore vivants témoignent de leur passage dans ce camp.

Ce que j’en pense : Cette histoire du camp de Wauwilermoos est une facette méconnue de la Suisse pendant la seconde guerre mondiale qui rend ce documentaire encore plus captivant. L’enquête pour le réalisateur sur ce sujet épineux n’a pas été chose facile, il n’existe pratiquement pas d’images, d’où les montages d’animation, et beaucoup de sources ont été éliminées. Je suis passée par plusieurs émotions en le voyant, l’animation reste simple et efficace. Il est aberrant dans un certain sens de n’en avoir connaissance qu’à présent. Je conseille vivement ce documentaire d’une grande qualité aux férus d’histoire ou de simples curieux de l’histoire suisse.

 

Win Win de Claudio Tonetti – 2013

Paul Girard, maire de Delémont, souhaite être élu au Conseil fédéral mais il lui manque incontestablement des électeurs. Heureusement son ami Liu Jun a une idée : et si on invitait les candidates de Miss Chine pour organiser les demi-finales dans le Jura? Même s’il se présente certaines embûches sur son passage, Paul y croit dur comme fer : ce concours de beauté est un signe du destin! Les jeunes miss dorment dans du foin, découvrent la tête-de-moine et le totché, traient des vaches… Win win, n’est-ce pas?

Ce que j’en pense : Cette sympathique comédie suisse donne le sourire, on s’amuse à reconnaître certains endroits et on rit du choc des cultures. Win Win est une petite comédie sans grande prétention mais que l’on regarde volontiers.

Sils Maria de Olivier Assayas – 2014

Maria Enders est une grande star mondiale. Le début de sa carrière commença sur les planches lorsqu’elle avait dix-huit ans dans le rôle de la jeune et ambitieuse Sigrid face à Helena, femme de la quarantaine brisée par la vie. Vingt ans plus tard, suite au décès de son ami et auteur de la pièce, on lui propose de rejouer le spectacle mais cette fois dans le rôle d’Helena. Maria décide avec son assistante de retourner dans les Alpes suisses, à Sils Maria, là où la pièce fut écrite, pour tenter de percer ce nouveau personnage d’Helena.

Ce que j’en pense : Le temps est la grande thématique du film. Maria tente d’avancer à son rythme avec ce personnage d’Helena, femme mûre et totalement manipulée par Sigrid. Elle a ses craintes et ses blocages qu’elle a de la peine à dépasser. Son assistante Valentine tente de lui ouvrir les yeux sur son point de vue mais Maria ne sait pas écouter. Comme son personnage d’Helena, elle a une sorte de fascination pour sa jeune assistante Valentine, leur relation est ambigüe. Les dialogues entre Maria et Valentine sont intelligents, Sils Maria est un film emplit de mystère et de questionnement qui nous tient tout du long.

 

Fragments du Paradis de Stéphane Goël – 2015

Est-ce que l’au-delà existe? Si oui, à quoi peut-il bien ressembler ? Comme certainement une majorité d’entre nous, c’est la question que le réalisateur Stéphane Goël s’est posé. Il est donc allé recueillir des témoignages de personnes âgées faisant part de leurs hypothèses sur « la suite ». Certains disent que nous vivrions sur un autre pied d’égalité, d’autres qu’il n’y a tout simplement rien, qu’il aurait comme une similitude avec un orgasme « en plus long », qu’on retrouverait ses proches… La débat reste ouvert.

Ce que j’en pense : Fragments du Paradis nous montre un grand nombre de questionnements et d’interprétations sur le sujet. Avec sa caméra le réalisateur brise le quatrième mur et entre dans l’intimité des croyances de ces personnes arrivant au crépuscule de leur vie terrestre. Qu’ils soient croyants ou athées, leurs témoignages filmés en noir et blanc, offrent de la couleur à ce doute partagé. En parallèle, Stéphane Goël grimpe avec son père en montagne découvrir son Paradis terrestre : le vallon des Morteys en face du Vanil noir. Du rire à quelques larmes, c’est un documentaire dont on en sort difficilement indifférent.

 

L’enfant d’en haut de Ursula Meier – 2012

Simon, une jeune garçon de 12 ans, faire tourner son foyer en volant du matériel de ski en station et en le revendant. Il habite dans un petit appartement minable d’un HLM en Valais avec sa soeur déséquilibrée en échec professionnel et sentimental. En station là-haut, Simon est le roi mais quand il redescend en plaine il est seul. Louise travaille quand il lui plaît et se repose sur son frère, un enfant-adulte lâché trop tôt dans la nature en manque d’affection.

Ce que j’en pense : Ours d’argent bien mérité, Ursula Meier signe un autre volet sur les familles hors normes dans ce film poignant. L’enfant d’en haut est devenu une vraie référence du cinéma suisse campé par deux acteurs talentueux. En suivant le personnage de Simon on ne cesse de découvrir les différents contrastes du film avec le blanc pure de la neige et le paysage terni de la vallée, les écarts sociaux entre les vacanciers et la population d’en bas, l’offre touristique avec terrasses, restaurants, hôtels et la face cachée de ce commerce avec des travailleurs saisonniers mal logés… Un film tourné avec panache, mordant et qui s’orchestre à la perfection.

Copyright photo de couverture : L’enfant d’en haut / Ursula Meier

 


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