La chronique mensuelle – eeZee

La chronique mensuelle – eeZee

C’est dans le quartier des Docks que Yohan et moi-même nous rendons à l’atelier de l’association Eezee. Sevan et Florent nous y accueille chaleureusement. L’atelier est comme la caverne d’Ali Baba, on y trouve de tout : bureaux envahi, bibliothèque remplie de bombes acryliques, masque de combat mexicain, têtes de mort sous toutes les formes, dessins encadrés au mur et un espace télé avec quatre manettes pour se défouler sur Mario Kart.

 

 

En quoi consiste l’association Eezee ?

 

Le concept de l’association eeZee est de mettre en avant chaque mois un artiste local sur leur site accompagné d’une vidéo et la vente de leur œuvre imprimée sur un tote bag ou un t-shirt. La finalité du projet est de les exposer.
Les deux fondateurs de eeZee sont un peu nerveux au début de l’interview, il est vrai qu’en théorie c’est plutôt eux qui sont derrière la caméra à filmer leurs artistes pour une courte vidéo de promotion.

Cela fait maintenant environ une année et demie que l’aventure a commencée pour eux, Sevan explique : « Cette idée est issue de discussions avec différentes personnes, dont des amis artistes, qu’on s’est rendu compte qu’il y avait un grand talent et qu’il n’avait pas forcément la possibilité de les promouvoir. C’est à ce moment qu’on s’est dit qu’il fallait qu’on installe une plateforme pour mettre tous ces artistes locaux en avant. »
Le nom eeZee a pris du temps à être trouvé, c’est au final l’idée d’un ami qui les a fait sourire et qui a triomphé. Les deux hommes ont tout réalisé eux-mêmes : Sevan, ayant terminé ses études en communication visuelle à l’Eracom, s’est occupé du logo et du webdesign, Florent, diplômé HEC, s’est lancé dans la programmation.

 

Les deux fondateurs, à gauche Sevan et à droite Florent

 

 

Les artistes

 

Les artistes ayant rejoint les rangs de l’association ont des styles tout aussi divers que variés, on y trouve : Goullagoulik, Mevin Kartin, PeroZ, Tian, Adrien Pisler, Inso Mundo, Mandrill, Sparga et dernièrement Hélia Aluai. Nous t’invitons à jeter un coup aux vidéos sur les artistes pour mieux percevoir leur univers de création. A savoir que le planning d’artistes pour 2017 est déjà bouclé. Le recrutement des artistes se fait principalement via Facebook, leur site, des connaissances mais avant tout le choix se fait au coup de cœur.

 

Tous ces artistes sont dans le domaine de l’illustration, Eezee serait-elle ouverte à ouvrir son panel de variété artistique ? Florent nous répond : « …Je pense que ça vient d’une part des contraintes qu’on a au niveau de la production des œuvres et d’autre part des gens qu’on connaît. Si par la suite nous avions d’autres types d’art, d’autres artistes qui se présentaient à nous et qu’on aurait des coûts pas trop élevés pour produire les œuvres dans des quantités plus ou moins grandes, nous serions complètement ouvert à les produire aussi. »

 

 

 

Une année d’existence 

 

eeZee vient de souffler sa première bougie d’anniversaire qui a débouché sur une exposition des artistes à l’espace des télégraphes au Flon du 30 septembre au 2 octobre dernier. Il y a eu environ 500 visiteurs et les artistes ont pu échanger, voir se rencontrer pour ceux qui ne se connaissaient pas auparavant. C’était l’occasion pour les artistes de pouvoir poser des questions, bénéficier de conseils pour ceux qui n’auraient peut-être jamais exposé. Depuis, un groupe de partage, une sorte de réseau d’entraide entre les artistes s’est mis sur pied.

Sevan et Florent ajoutent : « On voudrait par la suite pouvoir offrir des services avec nos artistes pour leur donner un soutien plus loin dans le temps, plutôt qu’un mois sur l’année où on les met en avant. »
Le bilan de cette première année est plutôt satisfaisante sur plusieurs points ; que ce soit avec les contacts qui se sont agrandi, la demande du public que les encouragements. Florent ajoute : « On n’a pas forcément eu autant de visibilité que ce qu’on aurait voulu, pas autant de ventes mais on a eu beaucoup de gens qui ont voulu nous soutenir. Un des bilans serait que pour grandir on a besoin d’aide, de plus de monde avec nous. C’est pour ça que maintenant on commence à s’ouvrir à plus de bénévoles, avoir une sphère qui grandit car on voit qu’à deux nous n’avons pas les moyens d’avancer très vite. On doit grandir pour pouvoir avancer. »

 

 

Sur une année, eeZee a pu réaliser plusieurs expositions, rassemblé plusieurs artistes, être paru dans les journaux et dans l’émission Couleurs locales, participé au concours organisé par NEXT pour le Festival Lausanne Lumières 2017, reçu le sponsoring de la ville de Lausanne, déménagé dans leur nouvel atelier et remporté en décembre le prix culture du Conseil des jeunes de la ville. Pas mal pour un début, n’est-ce pas ?

 

Pour l’avenir d’eeZee, les deux fondateurs espèrent une situation financière plus stable, plus autonome et peut-être l’entrée d’artistes parfois plus connus pour plus de visibilité. « Si dans les expositions il y a une grosse tête d’affiche ça pourrait être aussi intéressant pour attirer un autre public. » complète Sevan. Mais pour l’heure, ils sont à la recherche de salles pour de petites expositions afin de promouvoir individuellement un artiste. L’équipe de Pop Up mag leur souhaite beaucoup de succès.

Yohan et Carla

 

 


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